1988. Cette année-là, tous mes amis se marient les uns après les autres … Nous passons, mon mari et moi, nos dimanches (oui, pas le samedi) à écumer les synagogues et à nous rendre dans toutes les salles de réception possibles et imaginables. Pavillon Dauphine, Pavillon Gabriel, Grand Hôtel, Pavillon Lenôtre, Salons Hoche, etc.
Ce dimanche là, c’était le mariage de notre ami Gilles avec sa fiancée Karine. Grand mariage, 300 personnes, dîner assis et placés... Bref, le grand jeu ! On a sauté lâchement l’étape synagogue ce dimanche là, et on s’est rendu directement au mariage le soir, je me super pomponne, mariage oblige. Au moment de partir de la maison (bien sûr, en retard... La baby, la baby ! Toujours de sa faute), mon mari me lance «C’est où, déjà ?» Moi du tac au tac : «Pavillon d’Armenonville !»
Arrivés sous les ors du Pavillon d’Armenonville (ma deuxième maison de campagne, quasiment, tellement nous y sommes allés...), nous nous dirigeons vers l’hôtesse pour trouver le nom de notre table. Aucun carton à notre nom. Ah bah, c’est bien Gilles ça, il a oublié de mettre notre nom... Pas grave, on est sûrement assis avec les Machin et les Truc. C’est toujours la même bande. On entre en rigolant dans la salle du cocktail, sous les yeux amusés et blasés des hôtesses...
Nous nous dirigeons alors vers le buffet, une coupe de champagne, un petit four, un autre, encore, un autre, et pendant ce temps-là on cherche nos amis du regard. Mais manifestement, ils ne sont pas encore arrivés... Bizarre, c’est toujours nous, les retardataires, d’habitude... On va pouvoir les chauffer pour une fois... Allez tant pis, une deuxième coupette. Et une troisième. Mon mari me fait remarquer «C’est marrant, le buffet est quand même très marocain, tu ne trouves pas ?». Bof, moi j’y connais rien, et Gilles, il est tunisien, non ? Moi, je ne vois pas bien la différence entre les deux. Mais, oui, oui, si il veut !
Et là, soudain, on aperçoit enfin les mariés… Ce n’est pas Gilles du tout. Même pas un petit peu… On s’est éclipsés morts de rire. Et totalement ivres ! Jusqu’à ce qu’on réalise qu’on ne savait pas du tout, mais alors pas du tout, où avait lieu le mariage de nos amis... On est donc rentrés à la maison, on a pris le carton sur le frigo. Et finalement, on est arrivés au (bon) mariage… Légèrement en retard, consacrant pour la vie notre réputation d’éternels distraits et retardataires...
Isabelle






