Personne ne pouvait deviner que c’était une folle meurtrière. Elle avait fière allure dans son costume de gitane; la fête battait son plein. L’anonymat des déguisements et la générosité d’un délicieux champagne faisaient tourner les têtes et chavirer les idées. Comment aurai-je pu savoir que cette soirée allait sonner comme une chronique de ma mort annoncée ? Elle vint vers moi, ses bracelets cliquetant autour de ses poignets agiles et gracieux.
Son sourire me figea sur place. Mon sang déserta mon cœur puis ma tête. Mon verre claqua sur le sol. Malgré son loup plaqué sur son visage, ses traits et ses cheveux étaient la réplique exacte de ma sœur jumelle, morte il y a dix ans dans un effroyable accident de voiture. Les mots jonglaient dans ma tête, mais se refusaient à franchir le seuil de ma bouche. Elle était à présent tout près de moi, je sentais l’effluve de son parfum. L’ambre capiteuse si chère à ma sœur.
«Viens !» me dit-elle dans un murmure à peine audible. La suivre était pure folie, je venais de signer mon arrêt de mort. Elle m’hypnotisait comme dans une transe. Elle se dirigea dans le jardin. La pénombre y était douce sous la lumière des flambeaux. Elle me prit la main et je reconnus ce contact charnel à jamais incrusté dans ma chair. Jade était là devant moi, vivante. Je lui arrachais son loup pour démasquer l’imposture, mais Jade m’agrippa le cou avec la force d’une rescapée. De nous deux, elle avait toujours été la plus forte et cependant la plus vulnérable.
Son sourire me figea sur place. Mon sang déserta mon cœur puis ma tête. Mon verre claqua sur le sol. Malgré son loup plaqué sur son visage, ses traits et ses cheveux étaient la réplique exacte de ma sœur jumelle, morte il y a dix ans dans un effroyable accident de voiture. Les mots jonglaient dans ma tête, mais se refusaient à franchir le seuil de ma bouche. Elle était à présent tout près de moi, je sentais l’effluve de son parfum. L’ambre capiteuse si chère à ma sœur.
«Viens !» me dit-elle dans un murmure à peine audible. La suivre était pure folie, je venais de signer mon arrêt de mort. Elle m’hypnotisait comme dans une transe. Elle se dirigea dans le jardin. La pénombre y était douce sous la lumière des flambeaux. Elle me prit la main et je reconnus ce contact charnel à jamais incrusté dans ma chair. Jade était là devant moi, vivante. Je lui arrachais son loup pour démasquer l’imposture, mais Jade m’agrippa le cou avec la force d’une rescapée. De nous deux, elle avait toujours été la plus forte et cependant la plus vulnérable.
Elle serra davantage, ses yeux verts à la pupille dilatée fixant les miens horrifiés. Plus je me débattais, plus elle serrait. Une seule question me hantait : «Pourquoi ?» Je n’eus pas à demander et l’oxygène me manquait. Ses paroles allaient retentir comme mon ultime testament. «Tu m’as pris ma vie ! Tu as toujours pris toute la place ! Je veux ta vie, ton succès et ton bonheur !» Son rictus de folle furieuse fut ma dernière image. Les ténèbres se refermèrent sur moi à jamais.
Béatrice Giraudeau - Sculptersavie




