Haridelle ! Je souris aujourd’hui en pensant à cette première impression ! Mais aurait-il pu en être autrement ? Gisèle était une jeune fille longiligne, maigre et peu avenante il y a 5 ans, lorsque nos chemins se sont croisés. Haridelle, vous me direz, comment ai-je pu penser à ce mot aussi naturellement ? Eh bien, peu employé, ce nom m’était familier. Enfant, je passais mes vacances chez ma grand-mère. Elle l’utilisait souvent pour parler de la voisine. Régulièrement je l’entendais dire : « Ne vas surtout pas trainer du côté de l’haridelle, on ne sait pas ce qu’il peut arriver !» Alors, à 7 ans, j’évitais de la croiser. Ma grand-mère était convaincante. Il faut dire aussi que la vieille femme avait un air effrayant. Très grande et maigre, elle ressemblait à ces horribles sorcières des livres d’enfants…. Je n’ai jamais su pourquoi ma grand-mère avait de l’aversion pour cette femme.
Les enfants qui nous entouraient aujourd’hui devaient avoir cet âge. Leurs cris me ramenèrent à la réalité, la belle réalité. Gisèle qui m’avait fait confiance en me racontant ses terreurs, son mal-être. Pendant ces 5 années, mon amour, notre amour a révélé cette jeune femme. Son regard envoûtant ne me quittait jamais. Cette journée était dédiée à notre couple, immortalisée par nos amis.
Haridelle… Eternelle… Sensuelle… Belle… Elle… Gisèle …
Framboise






