Une nuit, alors que j’avais quatre ans et que je dormais sur le ventre de ma mère, je pensais à tout le chemin que nous avions parcouru durant ces 15 jours de cavale. Ma mère, cette jeune femme fragile, avait tué un homme, mon père. Elle l’avait frappé sous mes yeux avec une telle force ! Elle était entrée dans la chambre au moment où mon père me demandait de l’aider à se déshabiller. Pour moi, cela n’avait rien d’anormal : tous les soirs et tous les matins, je l’aidais de cette façon. Il me disait que c’était normal de le faire, que l’on s’aimait ainsi.
Lundi soir, quand ma mère nous a surpris, elle a saisi une statuette et elle a tapé de toutes ses forces sur mon père. Elle a ensuite pris un sac, vidé quelques affaires de l’armoire. Nous nous sommes précipitées vers la gare, vide à cette heure ci. Je me rappelle juste ce banc froid et sale sur lequel nous nous sommes assises. Je me suis réveillée dans un grand hall, rempli de monde. Je me suis sentie perdue et triste.
Ma mère essayait de faire comprendre à cet homme qu’elle avait besoin d’une chambre. Nous en avons finalement trouvé une dans un hôtel reculé de la ville. Et là, nous passions nos journées ensemble. Je n’arrivais pas à me détacher de ma mère. Peur de la perdre, comme je venais de perdre mon père. Son odeur m’aidait à respirer.
Lundi soir, quand ma mère nous a surpris, elle a saisi une statuette et elle a tapé de toutes ses forces sur mon père. Elle a ensuite pris un sac, vidé quelques affaires de l’armoire. Nous nous sommes précipitées vers la gare, vide à cette heure ci. Je me rappelle juste ce banc froid et sale sur lequel nous nous sommes assises. Je me suis réveillée dans un grand hall, rempli de monde. Je me suis sentie perdue et triste.
Ma mère essayait de faire comprendre à cet homme qu’elle avait besoin d’une chambre. Nous en avons finalement trouvé une dans un hôtel reculé de la ville. Et là, nous passions nos journées ensemble. Je n’arrivais pas à me détacher de ma mère. Peur de la perdre, comme je venais de perdre mon père. Son odeur m’aidait à respirer.
Cette nuit-là, je veillais à la lueur de la lune. Mon oreille collée à la poitrine de ma mère, je me laissais bercer. Je pensais à ce père qui m’avait aimée d’une drôle de façon. A cette mère qui m’avait protégée. A l’avenir que nous allions avoir…
Framboise





