On était en janvier et dehors, pas l'ombre d'un flocon, il faisait très chaud. Sophie marchait le long de l'océan, en simple tee-shirt et short, pieds nus. Elle avait quitté Paris, hier, pour descendre dans les Landes. Elle était au chômage depuis bientôt un an. Avec ce temps, si extraordinairement chaud pour un hiver, elle avait décidé ce départ, pour quelques temps, évacuer la pression, respirer, souffler.
Elle marchait, sur cette plage déserte, les dunes à perte de vue, les vagues immenses. Elle ne pensait plus à rien; envolés, les soucis, oubliés, les remords, suspendu, le temps. Au loin, elle crût distinguer une forme vivante, qui se rapprochait à vive allure. Elle s'arrêta net, le cœur battant. C'était un chien, un chien sans collier. Elle n'y connaissait rien en chien, incapable de reconnaître une race. Il se mit à pousser des petits aboiements, courait autour d'elle et partait en direction des dunes, puis revenait, aboyait, repartait. Elle comprit qu'il voulait qu'elle le suive. Elle se mit en route. Ils marchèrent au moins une heure dans les dunes, remontant vers le nord, le chien, toujours jappant, faisant un nombre incalculable d'allers venues.
Enfin, le chien stoppa net sa course et se coucha sur le flanc, la langue haletante. Elle s'assit auprès de lui, et naturellement, mit sa main sur le chien et le caressa. Le chien, remuant de la queue, se mit sur son arrière-train et la regarda fixement. Elle détournait les yeux, ne savait que faire. Mais pourquoi la regardait-il si intensément ? Pourquoi l'avait-il amenée ici ?
Le chien la fixait toujours. Impossible d'échapper à son regard. Elle avait un peu peur, mais finalement plongea ses yeux dans les siens. Et elle comprit, elle vit les jours, les nuits, les commencements, les fins, l'utile, l'inutile et la glorieuse vie.
- «Réveille-toi ! Sophie, c'est l'heure, tu vas être en retard pour ton rendez-vous à Pôle emploi !» lui dit son amant
- «Non, aujourd'hui, je n'y vais pas ! Aujourd'hui, je rêve !»
Elle marchait, sur cette plage déserte, les dunes à perte de vue, les vagues immenses. Elle ne pensait plus à rien; envolés, les soucis, oubliés, les remords, suspendu, le temps. Au loin, elle crût distinguer une forme vivante, qui se rapprochait à vive allure. Elle s'arrêta net, le cœur battant. C'était un chien, un chien sans collier. Elle n'y connaissait rien en chien, incapable de reconnaître une race. Il se mit à pousser des petits aboiements, courait autour d'elle et partait en direction des dunes, puis revenait, aboyait, repartait. Elle comprit qu'il voulait qu'elle le suive. Elle se mit en route. Ils marchèrent au moins une heure dans les dunes, remontant vers le nord, le chien, toujours jappant, faisant un nombre incalculable d'allers venues.
Enfin, le chien stoppa net sa course et se coucha sur le flanc, la langue haletante. Elle s'assit auprès de lui, et naturellement, mit sa main sur le chien et le caressa. Le chien, remuant de la queue, se mit sur son arrière-train et la regarda fixement. Elle détournait les yeux, ne savait que faire. Mais pourquoi la regardait-il si intensément ? Pourquoi l'avait-il amenée ici ?
Le chien la fixait toujours. Impossible d'échapper à son regard. Elle avait un peu peur, mais finalement plongea ses yeux dans les siens. Et elle comprit, elle vit les jours, les nuits, les commencements, les fins, l'utile, l'inutile et la glorieuse vie.
- «Réveille-toi ! Sophie, c'est l'heure, tu vas être en retard pour ton rendez-vous à Pôle emploi !» lui dit son amant
- «Non, aujourd'hui, je n'y vais pas ! Aujourd'hui, je rêve !»
Carole





